ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE SEANCE DEDIEE A L'AUTISME - 8 mars 2016

Publié le par ANAE

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE SEANCE DEDIEE A L'AUTISME - 8 mars 2016

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE SEANCE DEDIEE A L'AUTISME

Mardi 8 mars 2016 – Séance dédiée à l’autisme de 10h à 17h

L’autisme, aux confins de la psychiatrie du développement et de la neurologie : évolution des modèles et des pratiques

Organisatrices : Mmes Catherine BARTHÉLÉMY et Marie-Christine MOUREN Avec Laurent MOTTRON et Josef Schovanec

Accueil 10h30 Introduction et modération de la matinée par Jean-Pierre OLIÉ (Membre de l’Académie nationale de médecine)

10h45 ∞ L’autisme, de Kanner à Asperger par Catherine BARTHÉLÉMY (Membre correspondante de l’Académie nationale de médecine)

11h15 ∞ Autisme et périnatalité par Olivier BAUD (Réanimation et pédiatrie néonatales, Hôpital Robert Debré, Paris. L’autisme se traduit par des difficultés à communiquer, des interactions sociales déficientes et des comportements répétitifs et stéréotypés. Les pathologies classées dans le spectre des désordres autistiques ont souvent été rapportées plus fréquemment dans les populations de prématurés et de retard de croissance intra-utérin. Mais c’est l’analyse des études en population qui a confirmé un risque multiplié par 5 à 10 de développer de type de troubles en cas de très grande prématurité. Les troubles du spectre autistique sont plus fréquemment retrouvés chez les enfants avec des lésions cérébrales détectées par échographie ou IRM en période néonatale, notamment au niveau du cervelet et de certaines régions corticales. Ces troubles s’accompagnent généralement chez les anciens grands prématurés d’autres troubles envahissants du développement ou de déficits neurocognitifs (hyperactivité, troubles de concentration, difficultés visio-spatiales ou dys exécutives, etc), aboutissant dans leur ensemble à des difficultés d’ordre comportemental, social et scolaire. La prise en charge globale de l’ancien prématuré est donc indispensable pour améliorer l’insertion sociale et les performances globales de ces enfants. Pour cela, un dépistage précoce est indispensable grâce à l’utilisation standardisée de questionnaires et d’échelles dès la première année de vie.

11h45 ∞ Dépistage, orientation, réseaux quels dispositifs pour les jeunes enfants ? par Richard DELORME (Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Hôpital Robert Debré, Paris. Après-midi 14h30 Introduction et modération de l’après-midi par Paul VERT (Membre de l’Académie nationale de médecine)

14h45 ∞ Vers un abord neuro-psychologique de l’autisme par Jean CAMBIER (Membre de l’Académie nationale de médecine) La neuropsychologie rapporte la vie de l’esprit au fonctionnement du cerveau. L’inventaire de la vie des autistes constate l’échec des comportements adaptés au monde. Une défaillance de la contribution hémisphérique droite qui compromet la vie sociale va de pair avec une vie de l’esprit détachée du réel au profit d’idées reçues inscrites dans la logique qui préside au fonctionnement hémisphérique gauche. Au sein de chaque hémisphère, les régions homologues du cortex cérébral qui reçoivent et partagent les mêmes informations réagissent au message sur un mode propre à chacune. L’hémisphère gauche s’attache à l’information élémentaire qu’il traite sur un mode séquentiel ; le droit renouvelle à chaque instant une synthèse temporelle et spatiale des apports sensoriels. Attachement à l’objet, attention au monde, cette alternance est la clé de la sagesse. Le désordre responsable de l’autisme intervient dans la période périnatale. Il compromet la maturation des dispositifs hémisphériques droits en une période où l’attention au monde doit prévaloir sur l’attention à l’objet. Outre son intérêt dans l’orientation des recherches, l’abord neuropsychologique des troubles envahissants du développement a le mérite de démystifier le drame. Mieux comprendre la nature du désordre, c’est mieux apprendre à le contourner.

15h30 ∞ L’autisme une autre intelligence par Laurent MOTTRON (Laboratoire d’étude du traitement de l’information dans les troubles envahissants du développement, Hôpital Rivière des Prairies, Montréal, Canada) Après avoir été considéré comme une maladie mentale, puis un handicap neuro-développemental, l’autisme est de plus en plus considéré comme un variant humain, comportant des avantages et des désavantages adaptatifs, parfois extrêmes. Cette position, incluse dans le courant de la neurodiversité, prend une partie de sa source dans le fait que les autistes peuvent réaliser des tâches spécifiquement humaines d’une façon parfois équivalente, mais aussi supérieure à celle des personnes neurotypiques. De plus, ils réalisent ces tâches en utilisant des stratégies cognitives et des allocations cérébrales différentes de celles de la majorité des humains. Nous exposerons quelques travaux de neurosciences cognitives issus notre groupe qui étayent ce courant de pensée.

16h15 ∞ Évolution des pratiques – Le point de vue de Josef SCHOVANEC (Philosophe et écrivain) L’autisme est un cas d’école. L’un de ces objets dont l’étude mène à des résultats bien au-delà du champ que l’on pensait assigner à cette dernière. L’autisme en effet éclaire d’une lueur nouvelle, non pas seulement par exemple les instances dédiées ou ses professionnels, mais avant tout la société dans son ensemble, devenant un redoutable miroir grossissant de ses travers. Ainsi, dans le cas français, le cours chaotique de l’actualité de l’autisme a, ces dernières décennies, retracé en les amplifiant les différents combats pour l’édification d’une société inclusive dans l’acception la plus générale du terme, que ce soit sous l’aspect de la scolarisation ou celui de l’inclusion professionnelle, en passant par la problématique de la redéfinition du rôle du praticien. En outre, nous aborderons, cette fois dans une approche comparative internationale, le rôle de l’autisme dans la mise en place de nouvelles pratiques en des domaines que d’ordinaire on n’associe pas à celui-ci, entre autres sur le plan de l’économie de la connaissance et de l’innovation.

16h45 ∞ Recommandations par Marie-Christine MOUREN (Membre correspondante)

Académie nationale de médecine - 16 rue Bonaparte, 75006 PARIS – 01 42 34 57 70

Publié dans Agenda, autisme

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