Au service des élèves souffrant de troubles d’apprentissage

Publié le par ANAE

Au service des élèves souffrant de troubles d’apprentissage
Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin

Montréal - L’Hôtel Fairmont Le Reine-Élizabeth accueillait à la fin mars le 35e congrès annuel de l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA). Des centaines de parents, d’enseignants, d’orthopédagogues, d’orthophonistes et d’intervenants du milieu de la santé et de l’éducation étaient réunis pour discuter des troubles d’apprentissage, mais surtout des moyens pour aider les élèves qui en souffrent.


Ce congrès s’inscrivait sous le thème « Ensemble, nous réussissons! » Invité de la cérémonie d’ouverture, Guy Bourgeault, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal écrit dans le résumé de sa conférence : « Ensemble, en nous donnant des lieux pour nous dire nos rêves et nos désillusions, nos réussites et nos insuccès, nos joies et nos tristesses, notre fatigue, notre épuisement peut-être. Pour nous dire, aussi et avant tout, les raisons de notre engagement et qu’ensemble nous pouvons réussir à avancer. »

Environ 70 ateliers sur des sujets très variés ont eu lieu durant ce congrès qui accueillait aussi des symposiums à l’intention des directions d’établissement scolaire, des intervenants postsecondaires et des professionnels de la santé.

Un salon des exposants permettait aussi aux participants de s’informer sur les tout nouveaux outils mis à leur disposition : manuels scolaires, outils technologiques, ordinateurs, jeux, tableaux interactifs, etc. Des syndicats, des ordres professionnels et des associations étaient aussi présents pour répondre aux questions des participants.

Un atelier très couru
Un des ateliers les plus populaires de ce congrès fut sans doute celui de
Jacinthe Giroux, du Département d’éducation et de formations spécialisées de l’Université du Québec à Montréal. Cette orthopédagogue a animé l’atelier Pour une différenciation de la dyscalculie et des difficultés d’apprentissage en mathématiques, le jeudi 25 mars en après-midi.

Plus de 300 personnes ont assisté à la présentation qui portait essentiellement sur la difficulté du consensus autour d’une définition de la dyscalculie, puisque différentes disciplines s’y intéressent et qu’elles ont toutes une définition spécifique à leur champ d’étude. Jacinthe Giroux a aussi constaté que la référence à la dyscalculie est de plus en plus présente dans le milieu scolaire. Or, on confond souvent dyscalculie et difficultés d’apprentissage en mathématiques.

La chercheuse a d’abord précisé que la dyscalculie est d’abord un trouble du calcul et non pas des mathématiques en général. La dyscalculie développementale « pure » serait d’origine génétique et n’aurait qu’une prévalence d’environ 1% dans la population, alors qu’environ 15% des élèves auraient des difficultés en mathématiques.

Jacinthe Giroux a conclu son témoignage en proposant certaines interventions auprès des élèves faibles en mathématiques. D’abord, il faut rendre les connaissances utiles pour les enfants et soutenir leur engagement : les élèves doivent avoir une rétroaction rapide, les activités doivent cibler l’anticipation et le travail doit parfois se faire en équipe puisque les interactions sont motivantes pour les élèves.

Selon Mme Giroux, les commissions scolaires devraient sensibiliser leurs enseignants aux différences entre la dyscalculie et les difficultés d’apprentissage.

Pour en savoir plus :
-
Institut national de la santé et de la recherche médicale (France)
-
American Psychological Association (en anglais)
-Unité de neuroimagerie cognitive (Dehaene)

Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin

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