Les maladies du cerveau : un enjeu économique - Priorité Cerveau

Publié le par ANAE

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Les maladies du cerveau : un enjeu économique

Un rapport1 sur l'impact économique de la démence révèle que la maladie d'Alzheimer et les autres démences représentent en Europe un coût estimé à 160,3 milliards d’euros en 2008, dont 71,7 milliards en coûts directs (45 %) et 88,6 milliards (55 %) en coûts indirects. Ce poids est supérieur à celui du diabète. Ce problème devrait s'accélérer au cours des années à venir.

D'une manière générale, les maladies du cerveau pèsent de manière considérable sur l'économie, comme l'ont soulignés les experts français et européens, réunis le 16 septembre dernier, au Collège de France, pour le colloque Priorité Cerveau.

 

Avec 127 millions de patients en Europe touchés par une ou plusieurs maladies du cerveau, soit environ 15 millions de patients en France, les maladies du système nerveux constituent un phénomène particulièrement préoccupant en termes de santé publique mais aussi de poids économique pour la collectivité.

 

Les dysfonctionnements du cerveau sont l'une des premières causes de maladie ou de handicap. Selon les statistiques de l'Organisation Mondiale de la Santé, ils seraient à l'origine de 35 % des dépenses liées à la maladie.

 

La compréhension des mécanismes du cerveau normal et pathologique est un défi collectif majeur. Si les pathologies neurologiques ont bénéficié ces dernières années de certains progrès thérapeutiques, les traitements curatifs font encore trop souvent défaut et les ressources financières ne suffisent plus face aux exigences.

 

Le Colloque Priorité Cerveau a rassemblé le 16 septembre dernier au Collège de France des experts scientifiques, médicaux, responsables politiques et économiques, sous le haut patronage du Président de la République et avec la participation de Madame Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, afin de dresser le bilan des connaissances sur le cerveau, dessiner les priorités de la recherche, et réfléchir sur les moyens de les mettre en oeuvre.

Parmi les différentes tables rondes organisées tout au long de la journée, « Financement de la recherche sur le cerveau : convergence entre financements publics et privés », animée par Danielle Messager, a réuni les spécialistes Patrick Netter du CNRS, André Syrota de l’INSERM, Christian Lajoux du LEEM, Serge Weinberg de l’ICM et enfin Jean-Yves Le Déaut, vice-président de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques.

 

Quelles pathologies pour quels coûts ?

Julien Mendlewicz de l’European Brain Council était présent pour présenter à l’ouverture du colloque : « Les chiffres qui attestent du fardeau économique des pathologies du cerveau. »

 

En effet, pour évaluer plus précisément l'impact des troubles du cerveau sur la population et sur l'économie, l'European Brain Council a mené en 2004 une étude associant l'analyse de données épidémiologiques et économiques dans tous les pays de l'Union Européenne.

Selon cette étude, en France, le coût total des maladies du cerveau s'élevait à 41 milliards d'euros en 2004, soit près de 2,5 % du PIB.

 

Comprenant les addictions, les troubles anxieux, les dépressions, les psychoses et les démences, les maladies psychiatriques représentent à elles seules le deuxième motif d’arrêt de travail (source CNAM 2004), 68 % du coût total des maladies du cerveau et 10 % des dépenses de santé, soit l’équivalent des dépenses liées aux maladies cardio-vasculaires.

Pourtant seulement 2 % du budget de la recherche en France est consacré à la recherche en psychiatrie (Cf. Priorité Cerveau p. 288). Ce chiffre est à comparer notamment aux 19 % alloués à la recherche sur le cancer.

 

Les communautés scientifique et médicale sont convaincues que sans le développement urgent d’une politique volontariste visant à soutenir la recherche sur le cerveau, la prise en charge des malades se dégradera. Elles réclament surtout que cette recherche soit transversale et s’attache à mieux connaître le fonctionnement normal du système nerveux pour comprendre le cerveau pathologique.

Les objectifs du Colloque Priorité Cerveau étaient donc doubles :

Ø Développer une fertilisation croisée des connaissances et de la recherche, trop souvent segmentées par pathologie ;

Ø Imaginer un plan cerveau oeuvrant sur 10 ans pour l’ensemble des pathologies du système nerveux.

 ANAE - anae@wanadoo.fr  -  www.anae-revue.com  -  www.anae-revue.over-blog.com

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